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PRIMA

Le 1er mars 2013, le mim a entamé un projet pilote de digitalisation des collections d’instruments de musique en Afrique. En étroite collaboration avec deux partenaires africains, le Musée Panafricain de la Musique à Brazzaville et le Musée de la Musique à Ouagadougou, le mim fait appel à ses compétences en matière d’inventorisation et de digitalisation, qu’il a acquises lors de sa participation à la campagne d’inventorisation des MRAH (MuseumPlus et Carmentis) et au projet de digitalisation MIMO. Le projet se propose, avec le soutien de la Politique scientifique fédérale belge, de mettre en place avec les musées africains un réseau destiné à  digitaliser une partie de leur patrimoine musical et de le rendre accessible dans le monde entier. Le projet PRIMA (Projet Réseau International d'Inventorisation des Instruments de Musique Africains) est financé par la Politique scientifique fédérale belge (Mise en réseau international).

L’héritage musical en Afrique (instruments de musique et matériel audiovisuel) forme une part importante mais relativement inexplorée du patrimoine mondial. Les débuts de l’étude font penser que les instruments subsahariens, contrairement à ce que l’on considère généralement, sont des acteurs mondiaux importants dans le développement et la migration des instruments de musique.

Les instruments africains forment aussi, en partie, la base de la collection d’origine du Musée des Instruments de musique de Bruxelles, puisque le premier conservateur, Victo Mahillon , commença à collectionner les instruments africains pour les comparer d’un point de vue acoustique avec les instruments européens.

Le concept de « patrimoine » joue un rôle de plus en plus important en Afrique subsaharienne, dans l’ancrage de l’identité culturelle, intellectuelle et sociale africaine. En témoignent la création d’AFRICOM, organisme satellite d’ICOM, ainsi que des initiatives locales telles que celle de Jean-Paul Koudouhou, conservateur du Musée de la musique de Ouagadougou qui organise chaque année une Journée nationale du Patrimoine.

Les moyens manquent souvent pour une gestion saine de cet héritage, les collections sont en proie à la négligence. Pour les autorités politiques sur place, l’héritage musical est le plus souvent une vitrine pour leur culture plus qu’une priorité dans la prise de décisions (financières). C’est la raison pour laquelle le mim veut stimuler une collaboration structurelle. Celle-ci collaboration doit être une étape à un apport substantiel destiné à une meilleure gestion et conservation du patrimoine culturel musical de l’Afrique subsaharienne et à une prise de conscience de son importance au niveau local et international.

Deux institutions pilotes africaines participent à ce projet de réseau. Le Musée de la Musique à Ouagadougou et le Musée Panafricain de la Musique à Brazzaville sont deux institutions africaines importantes disposant de collections en pleine expansion mais qui sont également plus ou moins exposées aux dangers récurrents liés à la gestion du patrimoine en Afrique subsaharienne. Le musée des instruments de musique de Ouagadougou est une institution dynamique qui s’investit dans la diffusion et la durabilité de l’héritage des Burkinabè au moyen d’expositions et d’ateliers. Des efforts sont consentis afin d’améliorer considérablement les circonstances de leur conservation. La collection a déménagé dans un bâtiment entièrement rénové. Le musée accueille environ 180 instruments de musique qui offrent une excellente vue d’ensemble sur la culture musicale de l’Afrique occidentale. Ils ont été principalement rassemblés par les conservateurs du musée et sont bien documentés, disposent de métadonnées conséquentes dans le domaine de la dénomination, de la location (production, acquisition), des groupes de population et de la fonction.

Le Musée Panafricain, à Brazzaville, dispose d’une collection d’environ 250 instruments. Ce musée a l’ambition de collectionner des instruments de tout le continent africain. Jusqu’à présent, un vingtaine de pays sont déjà représentés. Un système de fiches conserve précieusement les informations ayant trait aux facteurs d’instruments, aux utilisateurs (musiciens), aux vendeurs, aux noms, aux fonctions et aux locations. Ce patrimoine exceptionnel menace de se perdre à cause des très mauvaises conditions de conservation de la collection pourtant unique et de valeur, et du manque d’organisation dirigeante,

Le but de la collaboration à long terme est de contribuer à la protection et à la diffusion du patrimoine musical africain par l’inventorisation digitale et l’accès à ces collections. L’inventorisation et la digitalisation sont nécessaires pour une bonne organisation des dépôts ainsi que pour une meilleure connaissance des objets, et permettent de les protéger contre la perte et le vol. Elles offrent aux chercheurs et aux musiciens du monde entier un accès à ces collections authentiques, rassemblées par les collaborateurs africains in situ. L’inventorisation et l’accès online garantissent en outre que les collections restent au moins disponibles sous forme digitale et permettent, espérons-le, d’attirer l’attention sur l’intérêt d’une bonne gestion de ces collections dans l’agenda politique local.

Le mim s’est construit ces dernières année d’importantes compétences en matière d’inventorisation et de digitalisation d’instruments de musique grâce à son intervention comme projet pilote dans la campagne de digitalisation des MRAH. Les 9848 instruments de musique (et composants) ont été publiés entretemps dans le catalogue online des MRAH (Carmentis.kmkg-mrah.be). Le mim a également participé à un projet de digitalisation européen, MIMO, grâce auquel les collections de 10 éminents musées européens sont aujourd’hui consultables sur une adresse unique (www.mimo-international.com) et sont visibles sur le site Europeana (www.europeana.eu). Le mim désire partager cette expertise avec les deux pays partenaires.

Une telle collaboration est propice aux échanges fertiles. L’inventorisation et la digitalisation permettent de comparer les collections et de communiquer ses connaissances mutuelles. L’échange est fructueux pour tous. Les deux musées africains ont une collection intéressante, eu égard à la grande attention apportée aux éléments contextuels (fabricants, musiciens, fonction). Une grande partie de la collection du Musée Panafricain à Brazzaville fut offerte par des représentants culturels de différents pays africains pour qui les instruments ont une valeur très représentative. Ceci permet d’ajuster de manière considérable la connaissance des instruments africains et de se focaliser sur ce que les Africains considèrent comme important dans le répertoire et l’histoire des instruments de musique.

Du 10 au 14 juin, le mim a accueilli un premier atelier. Avec nos collègues africains, nous avons tracé quelques lignes directives pour la gestion (digitale) future. Nous avons établi des accords quant à l’enrichissement des métadonnées et avons déterminé des procédures de travail en vue des campagnes locales de digitalisation. En octobre 2013 et au printemps 2014, la digitalisation des collections commencera à Ouagadougou et à Brazzaville. Les équipes respectives se composeront de collaborateurs des musée de Ouagadougou et Brazzaville et d’un conservateur, d’un restaurateur et d’un photographe du mim.

Collaborateurs au projet

Jean-Paul KOUDOUGOU, Conservateur, Directeur de la Promotion des Musées, Président du Comité ICOM-BURKINA
Musée de la musique, Ouagadougou
03 BP 7007 Ouagadougou 03

Honoré Mobonda
Directeur
Musée Panafricain de la Musique,Ecole Nationale des Beaux- Arts (ENBA)
Brazzaville, République du Congo

Jacqueline BABINDAMANA
Collaboratrice chargée des collections et de l'exposition du Musée Panafricain de la Musique Musée Panafricain de la Musique,
Ecole Nationale des Beaux- Arts (ENBA)
Brazzaville, République du Congo

Saskia Willaert
Conservateur collections d’Afrique et du Moyen-Orient
Musée des Instruments de musique, Bruxelles
Montagne de la Cour 2
B-1000 Bruxelles
+32 2 545 01 67
Plus d’infos et contact email via Saskia Willaert

Media
Images: 
Het Musée Panafricain van Brazzaville (2008)
Opstelling in het Musée Panafricain (2011)
Opslagplaats van het Musée Panafricain (2011)
Juni 2013: Jean-Paul Koudougou (Burkina), Livine Huart & Agnès Esquirol (mim)
Joris (mim) en Judith aan het werk aan een balafon (Brazzaville, 2014)
Simons foto studio (Brazzaville, 2014)