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qin ou guqin

cordophone

ou 古琴

Le qin, ce qui se prononce « tchinn' », aussi appelé guqin, est une cithare chinoise à 7 cordes sans chevalets. Les archéologues ont trouvé des instruments de musique dans des tombes datant de plusieurs siècles avant J.C., et parmi eux des qin. Sous la dynastie des Han, il y a 2000 ans, le qin a déjà à peu près son aspect actuel.

Le qin est devenu au fil du temps emblématique des lettrés chinois, tout comme la calligraphie, la peinture et les échecs. C'est un instrument qui se joue dans l'intimité ou pour quelques amis choisis. Le qin se joue donc souvent en solo, mais il peut aussi être accompagné par la voix ou par la flûte à encoche xiao. La peinture chinoise montre d'innombrables exemples de musiciens jouant du qin en pleine nature. On voit aussi des représentations de lettrés, un qin attaché au mur de la pièce. Celui-ci peut n'avoir pas de cordes : il symbolise alors toute la musique qu'il contient chez ceux qui ne se consacrent pas à sa pratique.

Le qin est toujours joué en Chine, et si l'instrument n'a pas changé et si le répertoire ancien est toujours joué, certains musiciens l'utilisent aussi dans un répertoire actuel et dans des formations nouvelles.

Malgré sa simplicité apparente, le qin permet une grande diversité de jeu. Comme souvent en Chine, les différentes parties de l'instrument symbolisent les saisons, les 365 jours de l'année, les 5 éléments etc. Même le nombre de fils de soie entrant dans la fabrication de chaque corde était codifié.

L'accord du qin est pentatonique, mais l'instrument permet d'obtenir tous les sons intermédiaires. En plus du jeu sur les cordes à vide, le musicien peut en effet raccourcir les cordes de la main gauche ou jouer des sons harmoniques en utilisant les 13 points de repère (généralement en nacre) qui se trouvent sur la table d'harmonie.

Une grande partie de l'intérêt et de la beauté de la musique pour qin repose sur la recherche de timbres subtils. Une note pouvant être obtenue de plusieurs façons, elle est souvent répétée sur une autre corde de l'instrument pour obtenir un son légèrement différent.

La notation pour qin, une tablature, indique très précisément comment la main droite doit pincer la corde (quelle corde, avec quel doigt et selon quel mouvement) et ce que fait la main gauche (à quel endroit, sur la table ou en harmonique, avec ou sans glissando, quel type de vibrato etc). L'enseignement du qin et l'apprentissage d'une pièce se font de maître à élève par imitation, la notation n'est pas utilisée comme nos partitions et le rythme en est presque absent.

Le mot qin a souvent été traduit dans la littérature occidentale par luth (instrument avec manche) alors qu'il s'agit d'une cithare (sans manche, les cordes sont tendues sur la caisse de résonnance). Ce choix souvent fait en poésie mais aussi dans d'autres textes induit le lecteur en erreur. Robert Van Gulik lui-même, plus connu pour les aventures du juge Ti, a écrit un ouvrage important sur le qin sous le titre de The Lore of the Chinese Lute (1940).

Le MIM conserve 2 qin du XIXe. siècle dans ses collections. Vous pouvez en admirer un dans les salles d'exposition du musée parmi d'autres cithares d'Asie et d'Afrique.

Contrairement au qin, la plupart des cithares longues d'Extrême-Orient, telles le zheng en Chine, le komungo en Corée et le koto au Japon ont un chevalet mobile sous chaque corde. Elles ont donc des techniques de jeu très différentes de celles du qin.

Le 23 janvier 2010, le qin sera la star d'un master class, une conférence et un concert. Pour les détails, cliquez ici.

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qin M759
lettré au qin, époque Ming (1368-1644), d'après Robert van Gulik, 1940