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salle d'expositions +4 Claviers

Le clavier est la contribution la plus importante de l'Occident à l'histoire de la facture instrumentale. L'idée de placer une série de clefs ('clavier' vient du mot latin clavis signifiant clef) entre l'homme et le lieu de production d'un son, n'est nulle part aussi développée qu'en Europe Occidentale. Cette interface propose un modèle clair et régulier, où chaque clef ou touche est reliée à une source sonore préalablement accordée. Cette source sonore peut être une corde, comme pour le clavecin, le piano, ou un tuyau, dans le cas de l'orgue.  

Un trousseau de clefs magique, qui a ouvert le monde de la musique aux personnes dépourvues d'une oreille exceptionnelle ou exercée par de nombreuses heures de pratique. En outre, plusieurs notes peuvent être jouées simultanément sur un clavier. Une histoire d'infinies nouvelles possibilités donc, mais aussi de démystification, de standardisation et de mécanisation. Avec la rupture du lien direct et intime entre le musicien et la production sonore effective apparaissent des instruments aux sonorités fixes, ce que la monochromie est à la peinture. Passionnant de découvrir ces innombrables solutions imaginées par les facteurs pour enrichir la palette des instruments à claviers, avec pédales, registres, volets et mécanismes .

L'histoire du clavier est aussi une histoire de mode : les instruments à clavier sont de véritables meubles, par conséquent soumis à ses caprices. La forme d'un clavier doit bien souvent répondre à des exigences qui tiennent plus à la place occupée dans le salon qu'aux qualités artistiques.  Et parce qu'on ne déplace pas un meuble si facilement, les musiciens sont généralement condamnés à montrer leur talent sur des instruments qui leur sont inconnus.

La progression du clavier a commencé au Moyen-Âge pour devenir une véritable obsession au 19ème siècle, quand tous les instruments imaginables se voient pourvus de touches. La plupart de ces essais ne connaissent pas de succès, mais au 20ème siècle, le clavier resurgit comme l'interface parfaite pour des sons que l'homme ne peut créer lui-même, à savoir les sons de synthèse électronique.  Et aujourd'hui, la flamme n'est toujours pas éteinte : on cherche encore et toujours des alternatives à l'ébène-ivoire séculaire.